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Le blog de Pierre M. Thivolet, journaliste

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Jean-Luc Mélenchon est un bon client …

Lorsque la « séquence » Sarkozy-remaniement-réactions(s) de l’opposition sera passée, parions qu’il reviendra sur le devant de la scène: Les studios ont horreur du vide et Jean-Luc Mélenchon est un bon client.
En langage journalistique, cela signifie que l’on se fout totalement de ce qu’il dit, parce que Mélenchon fait le show, parce qu’on est sûr qu’en l’invitant à participer à un débat, il y aura du sport, il y aura des petites phrases cinglantes qui feront de la reprise, il y aura du buzz. Et qu’importe si ce qu’il propose soit totalement déconnecté des réalités et que personne ou presque n’y croit.
La crise financière, c’est la fin du capitalisme ? Il l’annonçait il y a 2 ans, on l’attend toujours.
Les banques se sucrent sur notre dos ? Y’a qu’à les mettre au pas.
La réforme des retraites que le monde entier a faite avant nous ? Le monde entier se trompe, la France montrera la voie: 60 ans , sinon rien !…Et, qu’importe si à l’âge où la plupart des français de son âge pensent à leur (maigre) retraite, l’ex-sénateur de Paris (au fait, on fait comment pour être élu sénateur de Paris ? Quelle planque !) entame lui une seconde carrière: Charité bien ordonnée ne commence pas par soi-même !
Nul besoin de travailler les dossiers ou les questions: «coco, Mélenchon, c’est bon pour l’audimat».
Et il est donc partout, et encore plus depuis qu’il s’est mis à traiter les journalistes de laquais, ayant bien compris que nous étions un peu masos, « fais-moi mal Jean-Luc, fais-moi mal ». Il renoue avec cette ficelle, usée jusqu’à la corde mais qui fonctionne toujours: « Le microcosme », « la collusion entre journalistes et politiques », comme si les médias, quelque soient leurs défauts et leurs médiocrités, étaient responsables du trou d’air idéologique dans lequel se trouve la classe politique !
Le pompon a été atteint par l’histoire des vrais-faux casseurs sur laquelle notre Mélenchon national s’est jeté : Une nouvelle occasion de refaire le tour des studios pour réclamer une commission d’enquête sur ce « scandaaaalllle » (sous entendu, si il y a des casseurs, ce ne sont que des provocateurs policiers), sinon il reconnaîtrait ses torts et présenterait des excuses. Aujourd’hui le vrai faux casseur policier se révèle être un vrai casseur anar. On attend toujours les excuses de Mélenchon !
J-M Le Pen est passé de mode. (L’homme, pas la fille ni leurs idées). Tapie pleure son chat à moins que ce ne soit son Puma ? (Ceci est de l’humour à 3 bandes, LOL). Mais apparemment dans notre démocratie odieu-visuelle, les démagos font toujours recettes (publicitaires…LOL !).
Ils prennent ainsi la place et le temps d’antenne d’autres politiques qui par conviction ou tempérament ne veulent pas céder à de telles dérives.
Nous vivons une e-poque formidable.

MON DIEU ! QU’EST-CE QUE NOUS SOMMES CON-SERVITEURS !

Hier soir, il était dur de lui échapper. De leur échapper. Même en crypté. Seule(s) fuite(s) possible(s) : France 3 qui diffusait une de ces soirées qui apparemment ont le vent en poupe chez les génies de la programmation , les « spéciales » humour, avec des tas de resucées d’autres émissions spéciales, mais là après quelques minutes où c’était Annie Cordy qui était chargée de nous faire rire, (quoique , je suis injuste, on a appris quelle était baronne, anoblie par le roi Albert 2, ce qui était une information intéressante, la Belgique existait donc encore…) j’ai zappé sur la 6, avec la « France a du talent » consacré, non à la formation d’un gouvernement (ça c’était sur la 1, 2, 4, 15, 16 etc…) mais à l’art d’être boucher. « Nos bouchers ont du talent ». Mais comme je suis plus charcuterie ou pâtisserie, j’ai encore zappé sur « à la recherche du nouveau Michael Jackson. Pendant quelques secondes j’ai eu un doute, s’agissait-il du casting pour les prochaines primaires du PS ? Mais non, donc j’ai rezappé et suis donc revenu à X-factor version Palais de l’Elysée, mais là, les 3 membres du jury, c’était tristoune, tristounet et tristounette.

Je sais, ça sent la jalousie, l’envie, la rancœur, car nos confrèresetsoeurs sont formidables- forcément formidables.

Quoiqu’on peut se demander si c’était bien la peine de mobiliser Denizot pour ça. Sans me prononcer sur le fond, ni même sur l’existence d’un fond, Dieu qu’ils sont conservateurs ! Est-ce le décorum, sont-ce les pompes élyséennes, le résultat de 1000 ans de servilité à l’égard des « grands » de ce monde ? Ca ne vient pas de Sarkozy, qui clairement ne s’inscrit pas dans cette lignée des « grands », non ! Cela vient de nous. Nous pensons que pour être crédibles, il faut être chiant et se la péter, qu’à un Président, on ne peut poser une question que de manière alambiquée. Ah ! on admire Obama, Zapatero, les dirigeants suédois ou danois pour leur « simplicité », on loue la « pugnacité » de la presse anglo-saxonne, mais quand il s’agit de nous, de la France, des Présidents ou dirigeants de la République, il paraît que c’est à cause du poids de notre histoire, qu’ils sont les héritiers de nos rois et reines, qui habitaient avant eux ces palais, qu’ils représentent la France, donc ça veut dire qu’ils doivent parler comme des livres, et que d’ailleurs Sarko fait honte à la fonction présidentielle.

Palsembleu ! Faudra-t-il une nouvelle révolution et qu’on brûle tous ces palais et leurs ors et leurs pompes ? Quand nos élites, politiques ET journalistes, entreront-elles enfin dans le 21 ème siècle. ? Finalement en regardant le show d’hier soir, on se demandait qui de Sarkozy ou des journalistes, étaient les plus conservateurs ?

Nous vivons une e-poque formidable

MOI, QUAND JE SERAI GRAND, JE VEUX ETRE … EDITORIALISTE !

Pour toutes celles et ceux qui comme moi sont incapables de penser par eux-mêmes, qui ne sont pas dans le secret des Dieux, qui ne connaissent pas leur Constitution sur le bout des doigts, qui ne sont pas capables de comparer les Congrès de Tours, de Nantes et de Dijon, heureusement il y a les « éditorialistes ».
Y’a pas de retraite chez les éditorialistes. Ce qui est génial parce que avec X… ou Y…. on a l’impression que le temps a suspendu son vol. 1981. 2002.2012…. Dans ce monde qui a perdu ses repères, où tout s’accélère, ils sont toujours là, encore plus rassurants que les coucous pour les Suisses, ou Elisabeth II pour les Anglais. Même physiquement d’ailleurs, elles ou ils ne changent pas, sans doute parce qu’ « ils le valent bien », mais là, c’est méchant, parce que de nos jours, toute allusion à l’Oréal est éthiquement mal venue. Or l’on sait que nous les journalistes, nous ne plaisantons pas avec les tics (LOL !).
Ce sont les Pic de la Mirandole de notre temps (Pic de ? vite : wikipédia !), car ils ont un avis sur tout et ils dissertent de tout: De l’influence de l’éruption du Merapi sur l’extension du choléra en Haïti après la semi-défaite d’Obama aux prochaines élections cantonales et la totale défaite des bleus dans l’affaire Bettencourt. De tout et de rien. Et par rien, j’entends: Le fameux prochain remaniement ministériel.
Ah ! le nouveau gouvernement : C’est un peu le Désert des Tartares de nos éditorialistes. Oui, parce qu’ils s’embêtent un peu, beaucoup, énormément avec Nicolas Sarkozy qui ne suit décidément pas leurs prévisions et leurs analyses « politiques ». Et donc, cela fait des mois, non des années, qu’ils nous annoncent qu’entre Fillon et Sarkozy , rien ne va plus. Que c’est sûr, Fillon fait ses cartons. Et que lorsque Fillon fait plus la gueule que d’habitude, c’est que le torchon brûle entre l’Elysée et Matignon, alors qu’il n’a qu’un lumbago, ce qui, et là  je parle d’expérience, ne rend pas particulièrement souriant ! Cela fait 3 ans qu’ils annoncent que « le Président doit changer de logiciel », et que dans « la logique de la Vème République », etc… etc…Cela fait 3 ans qu’ils mettent en garde : Avec de tels sondages, le Président doit faire ceci, doit faire cela.
Heureusement, il n’y a pas de sanctions chez les éditorialistes. Car cela fait 3 ans, en fait, qu’ils amusent la galerie, qu’ils se trompent dans leurs analyses et que, eux, devraient changer de « logiciels » qui datent plus de la IVème République que de 2010. N’ayant pas compris que Sarkozy n’en avait rien à faire de leurs supputations ; Qu’entre Fillon et lui, le mariage était de raison et non pas d’amour, et il paraît que ce sont les alliances les plus solides. Et, que, franchement,  que Roselyne Bachelot soit nommée à la Justice ou à la Défense (non, non, je n’ai pas d’infos !), cela n’a aucune importance, puisque ce sont les administrations qui font tourner les ministères, et que si cela donne de la matière à éditorialiser, tant mieux, mais franchement, qui est dupe ?
En fait, Nicolas Sarkozy n’est contraint et obligé à rien, si ce n’est à gagner ou à perdre les prochaines élections.
Et là, il y a sans doute un vrai problème, démocratique, qui vient non de Sarkozy, mais de nos institutions. Depuis l’instauration du quinquennat (merci Giscard, merci Jospin), tout Président ayant une large majorité à l’Assemblée (ce qui est presque un pléonasme, les législatives se faisant dans la foulée des présidentielles, sauf bêtise politique style dissolution (merci Villepin)…) est tranquille comme Baptiste pour toute la durée de son mandat.
Nous vivons une e-poque formidable

« Evènements d’Algérie » : Gueule de bois télévisuelle…

JJSS,Mauriac,Giroud: L’honneur de notre profession…

Il y a des jours comme ça, où l’on regrette d’avoir fait des excès la veille… La langue pâteuse, l’impression qu’on vous tape sur le crâne avec un marteau (et pourtant, la preuve dans le miroir, il n’y a personne), et le mollet pas du tout usain-boltesque (de Usain Bolt)… Bref, la gueule de bois.
Mais ce matin, les responsables ne sont ni Saint-Etienne, Trois-Rivières ou Dillon (Si cé Dillon, i bon !: A chacun son talon d’Achille, moi c’est le rhum agricole, le seul vrai rhum, celui que le monde entier nous envierait s’il était au courant). 
Non, ma gueule de bois, ma nausée, c’était hier soir quand a démarré  le documentaire  de France Télévision, consacré à Le Pen et la torture en Algérie. 
Dés les premières minutes, le bientôt ex-Président du FN, celui pour lequel près d’un quart des électeurs de PACA ou Languedoc-Roussillon votent, tournait en dérision les accusations sur sa participation à la torture pendant la guerre d’Algérie, en prenant l’accent arabe, pardon, la caricature de l’accent arabe, genre vendeur de couscous « bon comme là-bas ». Et ça donnait : « Li Pen, il était partout mon zami, j’ti dis qu’il tortirait à Sizini, au Fort l’Empireur, à la Casbahhhhh » « Li Pinn, c’est li diable ! » Et Le Pen de conclure en ironisant : Si on croit les arabes « Le Pen, c’est comme Sarkozy aujourd’hui : En 1957, à Alger, on l’a vu partout !»
Alors, là, je suis allé vomir.
Pas uniquement par crise de foie, de mauvaise foi ;
Pas uniquement parce que la torture en Algérie, franchement qui en doute ? C’est un fait, une honte qu’il nous faut collectivement assumer ;
Pas uniquement parce qu’il y a 50 ans, nos politiques de droite comme de gauche, avaient donné carte blanche aux militaires prenant le risque de putschs, qui se sont effectivement produits et qui ont été à deux doigts d’emporter notre démocratie, chez nous qui nous gargarisons d’être la Patrie des Droits de l’Homme, comme si la démocratie était un bien inné, comme les yeux bleus, alors qu’elle n’est qu’un équilibre fragile à défendre quotidiennement ;
Pas uniquement parce que tous ces documentaires de France Télévision brillent par une certaine indigence: 60 ans après, toujours les mêmes images, toujours les mêmes témoins, quand on pense à ce la télévision américaine produit sur la guerre en Irak alors même que celle-ci n’est même pas finie…
Non, mon envie de vomir est venue en entendant l’avocate Gisèle Halimi. Elle raconte la scène suivante : Horrifiée par ce qu’elle venait de voir à Alger comme avocate de la défense – les tortures, un simulacre de justice, les ratonnades – elle essaie de faire bouger des hommes qui lui sont proches politiquement, les députés socialistes Daniel Mayer, Pierre Mendès-France et François Mitterrand. Daniel Mayer se met à pleurer en disant « Comment est-ce possible chez nous, en France, 10 ans après la gestapo… ». Mendès-France est « sonné » et répète : « Il faut que ça se sache, il faut que ça se sache ». Seul François Mitterrand met en doute ce qu’elle a vu : « Mais est-ce que vous n’exagérez pas ? Il s’agit de dérapages isolés. N’êtes-vous pas manipulée ? » … On a envie de vomir. François Mitterrand… qui à 45 reprises, en tant que Ministre de la Justice, refusa la grâce de 45 « rebelles », condamnés à la guillotine après des procès bâclés.
Alors, on se dit:
Heureusement qu’il y a eu des Henri Alleg, des Françoise Giroud, des Jean-Jacques Servan-Schreiber, des François Mauriac, qui écrivait dans l’Express, dès … avril 1954 ! : « Vos crimes sont, dans l’ordre politique, des erreurs, et ce n’est pas assez dire des bêtises insignes. Mais ils restent des crimes et qui atteignent à travers ceux qui les commettent, le corps d’élite dont ils portent l’uniforme, et à travers l’armée, nous-mêmes, notre peuple (…) »
Heureusement qu’il y a eu De Gaulle, et qu’importe, si comme les documentaires de France Télévision se sont acharnés à le démontrer, il a utilisé la guerre en Algérie pour organiser son retour au pouvoir. Un peu comme le roi Juan Carlos, au moment de la tentative de putsch du 23 février 1981 à Madrid, De Gaulle était sans doute le seul à pouvoir nous sortir de cette faillite morale, politique dans laquelle la France était en train de glisser. Parce que : Le De Gaulle de la Libération, parce que: Son charisme auprès des militaires que les civils avaient laissé se fourfoyer, parce que: Son autorité sur la droite française …
« Le coup passa si près que le chapeau tomba »… Et là, ce fût la 4ème République qui tomba…
Nous vivons une e-poque formidable.

Obama, les élections, perdre va: Des gogos, tous, nous sommes…


On dit souvent dans les écoles de journalisme qu’un chien qui mord un évêque, ce n’est pas une info, mais qu’un évêque qui mord un chien, ça c’en est une…Pour les élections de « mi-mandat «  aux Etats-Unis, c’est la même chose.
Le news, l’info, la surprise, ça aurait été que Barack Obama ne perde pas ces élections. Et sur les raisons de cette défaite annoncée, nos médias « français » nous saoûlent depuis quelques jours, à croire qu’ils ne s’en remettent pas de devoir brûler ce qu’ils avaient tant adoré…
Où sont-ils tous ces Obagogomaniaques, qui il y a deux ans voyait en Barack Obama, notre Messie, notre héros. Elu à la tête de l’empire américain, il était Barack Obi-wan après un George Bush, qui aurait été Dark Vador. S’il avait été français, on lui aurait réservé une place au Panthéon avant même Albert Camus. Si nous avions été norvégiens, nous lui aurions décerné le Prix Nobel (et d’ailleurs, puisqu’il l’a eu, celui de la Paix, c’était pour quoi ?). Après 10 années passées du côté obscur de la force, les Etats-Unis allaient enfin triompher de l’Empire du mal, et combattre les rebelles partout dans l’Empire. Il était le plus fort de tous les Jedi, beau, grand, charismatique, souriant, ayant étudié dans les meilleures universités, la face positive d’un monde où les noirs, les latinos, les femmes, les pauvres, les homosexuels ne souffriraient plus du racisme et de l’exclusion… Bref l’opposé d’un Nicolas Sarkozy qui lui arriverait dans tous les sens du terme à la cheville. Que n’a-t-on brocardé la différence de tailles  entre les 2 Présidents, après le très subtil ( !) Sarkozy-nazi d’il y a 3 ans !
Bien sûr, nul n’est prophète dans son pays, l’herbe est plus verte de l’autre côté de l’Atlantique, mais il est curieux que nous soyons si « compréhensifs » et tolérants à l’égard du bilan d’Obama (Pourtant : Guantanamo, toujours pas fermé. Proche-Orient : Vous avez dit la paix ? La guerre: On se retire d’Irak , on s’enlise en Afghanistan. Crise économique: C’est pas terrible, et s’il n’y avait pas la Chine … ) …
Nous sommes tous tombés dans la culture américaine avant même notre première dent, avec le  premier Disney, le premier burger, la première série télé…etc… Nul n’est besoin de se prétendre « expert » des Etats-Unis pour effectivement en savoir long sur la société américaine.  
Et plutôt que de vous farcir toutes ces éditions spéciales qui se ressemblent toutes, zappez donc sur une de ces séries que notre télé est incapable de produire. Non pas «Plus belle la vie, version New York» mais « Kill  Generation », sur  le quotidien de la guerre en Irak… Où l’on se rend compte que ce n’est parce que Barack Obama est ce qu’il est (un leader effectivement charismatique) que les américains profonds ne sont pas ce qu’ils sont: racistes, bigots, anti-intellos. Quand on pense qu’il y en a certains qui nous vantent le communautarisme à l’américaine comme LA solution pour l’intégration! Tu parles : Chacun dans son pré carré et les vaches seront bien gardées!
« Le côté obscur de la Finance mondiale, et l’attaque des clônes conservateurs, redouter tu dois”. 
Le Président sortant n’a pas pu résister. Il n’était pas le Messie , et alors? C’est peut-être décevant, mais est-ce si grave pour son avenir politique? ll s’en remettra, vous verrez, et dans deux ans, il arrivera même à être réélu pour un second mandat. On parie ? ( Là, je parle de Barack Obama…)
Nous vivons une e-poque formidable.

Réformes, manifestations, Etat, patronat, syndicats:Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois…

Il est de bon ton de taper sur nos syndicats.
Je vais vous le faire en tweet : France : Record du + faible % de syndiqués. Baisse continue dans toute l’Europe mais + forte encore en France. Syndicats français :Légitimité, crédibilité, représentativité proches de 0…
Tweet 2 : Sans syndicats, que devient le dialogue social ? Sans dialogue social, que devient la démocratie ?
Un des piliers du fonctionnement d’une démocratie est ce que l’on appelle le dialogue social. Or chez nous quels sont les partenaires sociaux ?
Le patronat ? C’est un assourdissant silence! Il devrait être en première ligne dans des discussions qui le concerne au premier chef : Reculer l’âge de départ à la retraite, allonger la durée du travail, cela concerne les entreprises, non ?
On vante souvent et à mon sens avec raison, le modèle de concertation allemand, mais on oublie souvent de préciser qu’outre-rhin, ce « modèle » fonctionne non seulement parce que les syndicats y sont forts, « responsables » mais aussi parce que le patronat allemand est lui aussi plus responsable. Le terme de « cogestion » est peut-être un peu abusif, même s’il est souvent employé dans les grandes entreprises outre-Rhin, mais en tout cas le résultat est là:  En Allemagne, les salaires les plus bas sont 20 % plus élevés qu’en France. La formation tout au long de la vie, l’apprentissage et les formations alternées sont là-bas monnaie courante, alors que chez nous cela fait 40 ans qu’on dit que l’an prochain, c’est sûr, on s’y met !
Enfin, la plupart des décisions concernant le fonctionnement des entreprises y sont prises après de très longues discussions qui aboutissent à un consensus qui ensuite est appliqué par tout le monde.  Ce qui facilite, on le comprendra aisément, qu’au bout du compte, les réformes aboutissent. Mais ce qui n’excluent pas les mouvements sociaux d’importance, comme c’est le cas actuellement avec la grève des transports (eh! oui, en Allemagne aussi !) qui affectent des millions de passagers.
La réforme des retraites, du système de protection sociale, de santé, la modération salariale etc… ont ainsi pu être mises en place ces 15 dernières années, alors que chez nous…
Chez nous, droite comme gauche confondues, c’est l’Etat qui mène la danse. Gouverner, ce serait faire « passer en force » et nos dirigeants se vantent de faire passer des décisions « à la hussarde ».
Mais pour danser, il faut être au moins 2 ? Et pour dialoguer…
Heureusement donc, qu’il reste quand même quelques syndicats, et quelques dirigeants syndicaux qui sont loin de jeter de l’huile sur le feu.
Mettons de côté les slogans en forme de figures imposées qui figurent sur les banderoles, dans les manifestations ou dans la bouche des principaux dirigeants syndicaux quand on leur tend un micro. Heureusement qu’ils sont là pour éviter les dérapages et les surenchères démagogiques, encore plus dangereuses quand elles parent leurs conservatismes et corporatismes derrière une phraséologie révolutionnaire. Les plus aveugles ne sont pas ceux qu’on croit…
Cela fait ½ siècle que Michel Crozier(*) avait constaté :«On ne change pas une société par décret», avons-nous réussi à changer ?
Nous vivons une e-poque formidable.
(*) lire ou relire Michel Crozier, le père de la « Sociologie des organisations », et notamment : « On ne change pas une société par décret» ou encore « La crise de l’intelligence »

La retraite à 60 ans, la mort à 70…

Dans les campagnes du Japon ancien, c’est-à-dire d’avant l’Ere Meiji et l’entrée du Japon dans la modernisation, existait une coutume qui imposait aux vieux lorsqu’ils atteignaient 70 ans de quitter leur famille et leur village pour aller mourir au sommet des montagnes. C’est ce que raconte le superbe film d’Imamura « La ballade de Nayarama », où un fils est obligé de conduire sa mère à la mort alors que celle-ci a toujours, littéralement, toutes ses dents. Mais c’était la loi…
Aujourd’hui, bien sûr, rien de tout ça au Japon. Après 150 ans d’une formidable croissance, qui n’a pas été seulement qu’un long fleuve tranquille, le Japon est un pays riche et moderne. Et les plus de 70 ans ne sont plus abandonnés au sommet des montagnes. Non, ils sont seulement condamnés à compléter leur retraites, insuffisantes pour leur permettre de vivre décemment, en travaillant comme livreurs ou serveurs. Plus nombreux aujourd’hui que les moins de 20 ans, ils représentent une telle charge pour la population active que celle-ci ne peut plus payer les retraites des plus âgés. Car parallèlement à sa formidable croissance économique après la seconde guerre mondiale, le Japon ne s’est pas préoccupé du renouvellement des générations. Son évolution démographique est une sorte de « crash course » de notre propre évolution annonçant ce qui nous attend. Ce vieillissement explique d’ailleurs pour une bonne part la stagnation de laquelle le Japon n’arrive pas à sortir depuis vingt ans. Un formidable moteur, mais qui paraît n’avoir plus de carburant et dont la population va progressivement décroître au milieu de ses autoroutes et de ses robots…
Chez nous, les étudiants de 20 ans qui manifestent « pour la retraite à 60 ans » ont raison, mais pour de mauvaises raisons. Eux qui vont prendre leur retraite dans 40 ans (50 ans ?) risquent fort d’être conduits sur nos montagnes pour ne plus être une charge pour les actifs, qui quoiqu’on fasse, seront moins nombreux qu’aujourd’hui.
A moins que…
A moins que ne change notre rapport au travail, à moins que l’on reconsidère la place des plus de 60 ans dans le monde du travail, donc aussi les conditions du travail tout au long de la vie, la pénibilité, le temps partiel, les passerelles entre l’activité professionnelle et la formation tout au long de la vie, à moins que nous ne fassions disparaître l’idée même de retraite, que celle-ci ne soit plus un couperet. 
«Retraite »: Le mot que nous utilisons en français en dit d’ailleurs long sur la manière dont nous envisageons collectivement le troisième, voire le quatrième âge. C’est le même que celui utilisé pour parler d’une défaite militaire: La retraite de Russie… Après le travail, il n’y aurait donc plus qu’une défaite, celle de la vie.
« Devant l’image que les vieilles gens nous proposent de notre avenir, nous demeurons incrédules ; une voix en nous murmure absurdement que ça ne nous arrivera pas : ce ne sera plus nous quand ça arrivera. (…)
Cessons de tricher ; le sens de notre vie est en question dans l’avenir qui nous attend ; nous ne savons pas qui nous sommes, si nous ignorons qui nous serons : ce vieil homme, cette vieille femme, reconnaissons-nous en eux. Il le faut si nous voulons assumer dans sa totalité notre condition humaine. Du coup, nous n’accepterons plus avec indifférence le malheur du dernier âge, nous nous sentirons concernés : nous le sommes.» (Simone Beauvoir. La vieillesse) 
C’est de tout cela dont nos partis politiques, nos dirigeants d’entreprises devraient discuter, et vite car le temps de l’évolution démographique presse.
Nous vivons une e-poque formidable.

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