Autrefois, le terme « ami » voulait dire quelque chose… Autrefois, c’est-à-dire, il n’y a pas si longtemps avant l’irruption de Facebook et du webcommunautarisme dans notre quotidien…
Souvenez-vous… Quand la rose demande au Petit Prince : « Veux-tu être mon ami ? » on comprenait bien qu’elle lui demandait plus qu’un chat (« tchate » ?) ou l’échange de quelques courriels.
Il existait alors des tas de niveaux de relations : On pouvait être ami, mais aussi copain, relation(de travail), connaissance, parent … Aujourd’hui, dans la génération Facebook, c’est tout ou rien, soit on est « ami » soit on est rien, ce qui peut aussi vouloir dire «ennemi».
C’est aussi le cas en politique et en politique internationale. Nos médias ne cessent en effet de se poser cette angoissante question : «Sarkozy est-il ami avec Obama» ? Et d’interpréter le moindre sourire, la poignée de main, le dîner ou pas. Et pourquoi Obama n’a pas passé ses vacances en France ? Et pourquoi Nicolas et Barack ne jouent-ils pas à la pétanque ensemble ? Et pourquoi Nicolas aime-t-il Mireille Mathieu et Johnny Halliday alors que Barack préfère Aretha Franklin et les «Black Eyed Peas» ? (euh, sur ce dernier plan, je serais plutôt ami avec Obama…) Franchement est-ce si important ? Helmut Kohl et François Mitterrand avaient-ils gardé les cochons ensemble ? Non, et même Helmut adorait la charcuterie, alors que François préférait les ortolans, donc tout les opposait. Et pourtant tous les deux sont quand même arrivés à s’entendre par exemple pour faire avancer la construction européenne. C’est la même chose avec la taille de nos dirigeants. On ne cesse de brocarder la (petite) taille de Nicolas Sarkozy et on sous-entend que son action politique serait influencée par un complexe venu de l’enfance, être petit dans une famille de grands. Mais pourquoi ne parle-t-on jamais des talonnettes qu’utilisait François Mitterrand ? Pourquoi ironise-t-on sur la photo d’Obama (très grand) avec Sarkozy (petit) et pas sur celle de Kohl (géant) et Mitterrand (petit), main dans la main devant le mémorial aux soldats tués à Verdun ? Serions-nous de mauvaise foi ?
« Veux-tu être mon amie ? » a demandé Barack Obama à l’Iran. Là en revanche, les mots ont du sens. Et nous attendons tous la réponse de l’Iran à la main tendue par le Président américain. La réélection de l’humoriste, non pardon, du Président sortant Ahmadinejab dont la mémoire historique ressemble plus à du Gruyère qu’à du Comté (à cause des trous au sujet de l’Holocauste, bien sûr) est un premier élément de réponse, décevant. Et ce n’est pas sur Facebook que l’Iran pourra nous dire si elle est notre “amie” vu que le régime vient de couper l’accès à Facebook, sites internets, et autres SMS.
Encore une fois, nous (les Occidentaux) prenions nos désirs pour la réalité en « sentant » qu’un vaste mouvement favorable au changement, à la fin de la politique du repli sur soi allait gagner en Iran. On sait qu’une partie de la population iranienne, et notamment les jeunes, et notamment les classes moyennes, répondent « Oui » à cette question. Mais, et c’est vieux comme au temps de la « Révolution blanche » de l’ancien « Shah », une majorité d’Iraniens dans les campagnes, dans les bidonvilles continue à être exclue du développement. Elle vit dans une pauvreté d’autant plus scandaleuse que les ressources (pétrolières) sont énormes et est une proie facile pour le populisme et l’intégrisme.
Il va donc falloir faire avec un Président iranien très, très conservateur, auquel s’ajoute en Israël un Premier Ministre lui aussi très, très « droit dans ses bottes ». Il paraît que c’est lorsque les personnes les plus opposées sont au pouvoir qu’on arrive à faire la paix. Notre ami Barack Obama devra faire preuve de beaucoup de diplomatie pour que tout ce petit monde arrive à faire ami-ami. Sinon?
Sinon, l’Iran sera notre ennemie et cela serait nettement plus explosif pour l’avenir du monde que le fait que Sarkozy et Obama passent ou ne passent pas leurs weekends ensemble !
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Autrefois, le terme « ami » voulait dire quelque chose… Autrefois, c’est-à-dire, il n’y a pas si longtemps avant l’irruption de Facebook et du webcommunautarisme dans notre quotidien…
Souvenez-vous… Quand la rose demande au Petit Prince : « Veux-tu être mon ami ? » on comprenait bien qu’elle lui demandait plus qu’un chat (« tchate » ?) ou l’échange de quelques courriels.
Il existait alors des tas de niveaux de relations : On pouvait être ami, mais aussi copain, relation(de travail), connaissance, parent … Aujourd’hui, dans la génération Facebook, c’est tout ou rien, soit on est « ami » soit on est rien, ce qui peut aussi vouloir dire «ennemi».
C’est aussi le cas en politique et en politique internationale. Nos médias ne cessent en effet de se poser cette angoissante question : «Sarkozy est-il ami avec Obama» ? Et d’interpréter le moindre sourire, la poignée de main, le dîner ou pas. Et pourquoi Obama n’a pas passé ses vacances en France ? Et pourquoi Nicolas et Barack ne jouent-ils pas à la pétanque ensemble ? Et pourquoi Nicolas aime-t-il Mireille Mathieu et Johnny Halliday alors que Barack préfère Aretha Franklin et les «Black Eyed Peas» ? (euh, sur ce dernier plan, je serais plutôt ami avec Obama…) Franchement est-ce si important ? Helmut Kohl et François Mitterrand avaient-ils gardé les cochons ensemble ? Non, et même Helmut adorait la charcuterie, alors que François préférait les ortolans, donc tout les opposait. Et pourtant tous les deux sont quand même arrivés à s’entendre par exemple pour faire avancer la construction européenne. C’est la même chose avec la taille de nos dirigeants. On ne cesse de brocarder la (petite) taille de Nicolas Sarkozy et on sous-entend que son action politique serait influencée par un complexe venu de l’enfance, être petit dans une famille de grands. Mais pourquoi ne parle-t-on jamais des talonnettes qu’utilisait François Mitterrand ? Pourquoi ironise-t-on sur la photo d’Obama (très grand) avec Sarkozy (petit) et pas sur celle de Kohl (géant) et Mitterrand (petit), main dans la main devant le mémorial aux soldats tués à Verdun ? Serions-nous de mauvaise foi ?
« Veux-tu être mon amie ? » a demandé Barack Obama à l’Iran. Là en revanche, les mots ont du sens. Et nous attendons tous la réponse de l’Iran à la main tendue par le Président américain. La réélection de l’humoriste, non pardon, du Président sortant Ahmadinejab dont la mémoire historique ressemble plus à du Gruyère qu’à du Comté (à cause des trous au sujet de l’Holocauste, bien sûr) est un premier élément de réponse, décevant. Et ce n’est pas sur Facebook que l’Iran pourra nous dire si elle est notre “amie” vu que le régime vient de couper l’accès à Facebook, sites internets, et autres SMS.
Encore une fois, nous (les Occidentaux) prenions nos désirs pour la réalité en « sentant » qu’un vaste mouvement favorable au changement, à la fin de la politique du repli sur soi allait gagner en Iran. On sait qu’une partie de la population iranienne, et notamment les jeunes, et notamment les classes moyennes, répondent « Oui » à cette question. Mais, et c’est vieux comme au temps de la « Révolution blanche » de l’ancien « Shah », une majorité d’Iraniens dans les campagnes, dans les bidonvilles continue à être exclue du développement. Elle vit dans une pauvreté d’autant plus scandaleuse que les ressources (pétrolières) sont énormes et est une proie facile pour le populisme et l’intégrisme.
Il va donc falloir faire avec un Président iranien très, très conservateur, auquel s’ajoute en Israël un Premier Ministre lui aussi très, très « droit dans ses bottes ». Il paraît que c’est lorsque les personnes les plus opposées sont au pouvoir qu’on arrive à faire la paix. Notre ami Barack Obama devra faire preuve de beaucoup de diplomatie pour que tout ce petit monde arrive à faire ami-ami. Sinon?
Sinon, l’Iran sera notre ennemie et cela serait nettement plus explosif pour l’avenir du monde que le fait que Sarkozy et Obama passent ou ne passent pas leurs weekends ensemble !
De la même manière que la Suisse a inventé le coucou, l’Italie la pizza, la France a inventé les «35 heures». Une invention que « Le monde entier nous envie » au même titre que les Champs-Elysées, la « plus belle avenue du monde », et qui repose sur une croyance qui s’est révélée être une superstition voire une supercherie, selon laquelle le travail pourrait se partager comme une pizza. Une belle idée quand, comme la France, on a depuis trente ans, envers et contre tout, et à l’inverse de la plupart des grands pays développés, des millions de chômeurs…
Mais voilà : même si la pizza demande non seulement un bon four, un joli tour de main mais aussi du travail, le travail n’est pas comme la pizza. C’est même tout l’inverse. Et en caricaturant, plus on travaille, plus il y a du travail.
Evidemment cette argumentation était d’autant plus convaincante que l’économie, mondiale, marchait bien. Là depuis quelques mois, c’est la crise. Et tout le monde est logé à la même enseigne, celle du chômage. Et cela, que l’on partage le travail avec les 35 heures ( comme la France, et… et personne d’autres), ou que l’on ait totalement « libéré » le marché du travail (comme la Grande-Bretagne). D’où le « come-back » des 35 heures qui, jusqu’à récemment, même au P.S, étaient devenues « has-been ».
Mais avec l’impérieuse nécessité de trouver les idées qui devront rénover le parti socialiste avant 6 mois, tout est bon à prendre, et, après tout, les 35 heures c’était l’époque heureuse où le P.S était au pouvoir, Claude Allègre au gouvernement et où mammouths, dinosaures et éléphants s’aimaient d’amour tendre, même à direction du parti.
Les 35 heures repointent leur nez: Vade retro, j’ai une meilleure idée. Et ça marche ! Démonstration :
Prenez la première entreprise de France: Avec l’explosion du chômage et toutes les mesures pour accompagner de manière « personnalisée » les demandeurs d’emploi, c’est «Pôle Emploi». Donc, le chômage crée du travail puisque « Pôle Emploi » crée des emplois, en embauchant même des chômeurs.
Et c’est « gagnant-gagnant » puisque ces chômeurs qui étaient un coût pour l’assurance-chômage, deviennent des salariés. Donc, ils consomment, donc c’est bon pour le reste de l’économie qui crée donc des emplois, et ils paient des cotisations sociales qui serviront à rémunérer les salariés de « Pôle Emploi », donc c’est bon pour l’emploi.
Donc, comment n’y a-t-on pas pensé avant: Puisque il y a, à la louche, 4 millions de chômeurs, il suffit de décider que désormais, 1 conseiller de «Pôle Emploi» suivra 5 chômeurs, un par jour non chômé. D’abord cela permettra un meilleur accompagnement « personnalisé » du chômeur, mais en plus « Pôle Emploi » sera obligé d’embaucher au moins 800 000 personnes. Qui cotiseront. Qui ne pèseront plus sur le marché du travail. En quelques mois, adieu la Crise !
A moins qu’il n’y ait un « bug » quelque part, dans ce raisonnement.
Un peu comme dans ce syllogisme : «Un paysan a un bon cheval pas cher. Un bon cheval pas cher, c’est rare. Tout ce qui est rare est cher. Donc : Un bon cheval pas cher, c’est cher ! »
L’on sait depuis Aristote (384 avant Jésus-Christ) que le syllogisme est ce mode de raisonnement qui doit être manié avec précaution si l’on ne veut pas aboutir à des aberrations, comme l’histoire de « Pôle Emploi », comme les 35 heures.
Encore que… comme disaient les « shadoks » : En essayant continuellement on finit par réussir. Donc, plus ça rate, plus on a de chances que ça marche !
De la même manière que la Suisse a inventé le coucou, l’Italie la pizza, la France a inventé les «35 heures». Une invention que « Le monde entier nous envie » au même titre que les Champs-Elysées, la « plus belle avenue du monde », et qui repose sur une croyance qui s’est révélée être une superstition voire une supercherie, selon laquelle le travail pourrait se partager comme une pizza. Une belle idée quand, comme la France, on a depuis trente ans, envers et contre tout, et à l’inverse de la plupart des grands pays développés, des millions de chômeurs…
Mais voilà : même si la pizza demande non seulement un bon four, un joli tour de main mais aussi du travail, le travail n’est pas comme la pizza. C’est même tout l’inverse. Et en caricaturant, plus on travaille, plus il y a du travail.
Evidemment cette argumentation était d’autant plus convaincante que l’économie, mondiale, marchait bien. Là depuis quelques mois, c’est la crise. Et tout le monde est logé à la même enseigne, celle du chômage. Et cela, que l’on partage le travail avec les 35 heures ( comme la France, et… et personne d’autres), ou que l’on ait totalement « libéré » le marché du travail (comme la Grande-Bretagne). D’où le « come-back » des 35 heures qui, jusqu’à récemment, même au P.S, étaient devenues « has-been ».
Mais avec l’impérieuse nécessité de trouver les idées qui devront rénover le parti socialiste avant 6 mois, tout est bon à prendre, et, après tout, les 35 heures c’était l’époque heureuse où le P.S était au pouvoir, Claude Allègre au gouvernement et où mammouths, dinosaures et éléphants s’aimaient d’amour tendre, même à direction du parti.
Les 35 heures repointent leur nez: Vade retro, j’ai une meilleure idée. Et ça marche ! Démonstration :
Prenez la première entreprise de France: Avec l’explosion du chômage et toutes les mesures pour accompagner de manière « personnalisée » les demandeurs d’emploi, c’est «Pôle Emploi». Donc, le chômage crée du travail puisque « Pôle Emploi » crée des emplois, en embauchant même des chômeurs.
Et c’est « gagnant-gagnant » puisque ces chômeurs qui étaient un coût pour l’assurance-chômage, deviennent des salariés. Donc, ils consomment, donc c’est bon pour le reste de l’économie qui crée donc des emplois, et ils paient des cotisations sociales qui serviront à rémunérer les salariés de « Pôle Emploi », donc c’est bon pour l’emploi.
Donc, comment n’y a-t-on pas pensé avant: Puisque il y a, à la louche, 4 millions de chômeurs, il suffit de décider que désormais, 1 conseiller de «Pôle Emploi» suivra 5 chômeurs, un par jour non chômé. D’abord cela permettra un meilleur accompagnement « personnalisé » du chômeur, mais en plus « Pôle Emploi » sera obligé d’embaucher au moins 800 000 personnes. Qui cotiseront. Qui ne pèseront plus sur le marché du travail. En quelques mois, adieu la Crise !
A moins qu’il n’y ait un « bug » quelque part, dans ce raisonnement.
Un peu comme dans ce syllogisme : «Un paysan a un bon cheval pas cher. Un bon cheval pas cher, c’est rare. Tout ce qui est rare est cher. Donc : Un bon cheval pas cher, c’est cher ! »
L’on sait depuis Aristote (384 avant Jésus-Christ) que le syllogisme est ce mode de raisonnement qui doit être manié avec précaution si l’on ne veut pas aboutir à des aberrations, comme l’histoire de « Pôle Emploi », comme les 35 heures.
Encore que… comme disaient les « shadoks » : En essayant continuellement on finit par réussir. Donc, plus ça rate, plus on a de chances que ça marche !
L’autre jour, je suis passé rue de Grenelle. Et mon cœur a battu très vite… C’était donc ici dans cet arrondissement «à problèmes» si l’on en juge au nombre de policiers qui quadrillent ce quartier du cœur de la capitale, entre ce fromager très bio et très cher, ce concessionnaire automobile très écolo-engagé et très cher, cette Fondation culturelle très «vernissages-chics» et très chers, que se fabriquaient les « grenelles ».
Oui, «grenelle», comme on dit : Un « frigidaire» pour réfrigérateur, un «larousse» pour dictionnaire ou un «pépédéha» pour présentateur télé. Et comme je suis au top de l’actualité, je sais que si, aujourd’hui, tout est Grenelle et que les Grenelle sont tout, c’est parce qu’au 121 de la rue siège le Ministère du Travail dans les salons duquel ont été signés les accords de Mai 68.
J’ai quand même voulu comprendre ce que ces lieux avaient de «magic» pour inspirer autant nos dirigeants politiques jusqu’à entrer dans notre langue…
Et j’ai été un peu déçu: Le ministère du Travail n’est plus un ministère, mais un secrétariat d’Etat, et le Travail, beaucoup de français, de plus en plus nombreux, le cherche !
Si ce n’était la magie des lieux alors c’était peut-être celle de la rue. Et en me plongeant dans l’histoire de la rue de Grenelle, j’ai tout compris : La rue de Grenelle est en effet un résumé de toute l’histoire de notre pays, de notre société, une sorte de concentré d’univers, de nombril du monde.
Elle relie le champ de Mars (la guerre) au carrefour de la Croix-Rouge (qui panse les maux de la guerre), et s’est longtemps appelée : chemin de la Justice, puis chemin du Gibet puis chemin du Port, grand chemin des Vaches puis rue Garanella. On l’a échappé belle : Vous imaginez si on était obligé de dire « Le grand chemin des vaches de l’environnement » ou « Le chemin du port de la mer » ou encore : « Un chemin du Gibet de la fiscalité » ou un « Garanella de l’éducation » !
Qu’importe le nom finalement, ce qui est compte est ce que l’on met derrière « Grenelle » : «Grenelle» est synonyme de discussions, de concertation, de compromis entre les différents acteurs de notre société. Cela signifie « consensus », « démocratie sociale », presque « démocratie participative ». Cela veut dire que nous sommes capables par-dessus nos différences idéologiques, politiques, sociales de nous entendre sur les grands problèmes de notre société: L’environnement, la mer, la protection sociale, l’insertion, les retraites, les banlieues, les ondes etc…Tous ces « Grenelle » ont d’ailleurs déja eu lieu ou ont été proposés. « Grenelle », c’est une « méthode » s’inspirant de ce fameux « Grenelle » de mai 68 qui avaient abouti à une sorte de révolution sociale avec notamment une augmentation du salaire minimum de 25 % ! Quel bel exemple !
Sauf que si on lit la notice jusqu’au bout, ces accords ont bien été signés, mais d’abord ils n’ont jamais été approuvés par les salariés et ensuite, ils n’ont jamais été appliqués.
Alors vu comme ça, je me demande s’il est très astucieux d’avoir baptisé le débat sur l’environnement « Grenelle »…
On va d’ailleurs pouvoir le vérifier rapidement, puisqu’une des (rares ?) mesures concrètes sorties de ces mois de « Grenelle » est l’instauration d’une « taxe carbone ». Or le chemin qui mène à l’enfer étant souvent pavée de bonnes intentions, la taxe carbone est une mesure dont, sur le papier recyclé, le principe est clair comme de l’eau de roche non polluée, mais dont la mise en place est une vraie usine à gaz…
Il faudrait peut-être organiser un « Grenelle des Grenelles » afin de savoir s’il n’est pas urgent de ne plus appeler « Grenelle » toutes ces discussions aboutissant à des accords jamais appliqués…
L’autre jour, je suis passé rue de Grenelle. Et mon cœur a battu très vite… C’était donc ici dans cet arrondissement «à problèmes» si l’on en juge au nombre de policiers qui quadrillent ce quartier du cœur de la capitale, entre ce fromager très bio et très cher, ce concessionnaire automobile très écolo-engagé et très cher, cette Fondation culturelle très «vernissages-chics» et très chers, que se fabriquaient les « grenelles ».
Oui, «grenelle», comme on dit : Un « frigidaire» pour réfrigérateur, un «larousse» pour dictionnaire ou un «pépédéha» pour présentateur télé. Et comme je suis au top de l’actualité, je sais que si, aujourd’hui, tout est Grenelle et que les Grenelle sont tout, c’est parce qu’au 121 de la rue siège le Ministère du Travail dans les salons duquel ont été signés les accords de Mai 68.
J’ai quand même voulu comprendre ce que ces lieux avaient de «magic» pour inspirer autant nos dirigeants politiques jusqu’à entrer dans notre langue…
Et j’ai été un peu déçu: Le ministère du Travail n’est plus un ministère, mais un secrétariat d’Etat, et le Travail, beaucoup de français, de plus en plus nombreux, le cherche !
Si ce n’était la magie des lieux alors c’était peut-être celle de la rue. Et en me plongeant dans l’histoire de la rue de Grenelle, j’ai tout compris : La rue de Grenelle est en effet un résumé de toute l’histoire de notre pays, de notre société, une sorte de concentré d’univers, de nombril du monde.
Elle relie le champ de Mars (la guerre) au carrefour de la Croix-Rouge (qui panse les maux de la guerre), et s’est longtemps appelée : chemin de la Justice, puis chemin du Gibet puis chemin du Port, grand chemin des Vaches puis rue Garanella. On l’a échappé belle : Vous imaginez si on était obligé de dire « Le grand chemin des vaches de l’environnement » ou « Le chemin du port de la mer » ou encore : « Un chemin du Gibet de la fiscalité » ou un « Garanella de l’éducation » !
Qu’importe le nom finalement, ce qui est compte est ce que l’on met derrière « Grenelle » : «Grenelle» est synonyme de discussions, de concertation, de compromis entre les différents acteurs de notre société. Cela signifie « consensus », « démocratie sociale », presque « démocratie participative ». Cela veut dire que nous sommes capables par-dessus nos différences idéologiques, politiques, sociales de nous entendre sur les grands problèmes de notre société: L’environnement, la mer, la protection sociale, l’insertion, les retraites, les banlieues, les ondes etc…Tous ces « Grenelle » ont d’ailleurs déja eu lieu ou ont été proposés. « Grenelle », c’est une « méthode » s’inspirant de ce fameux « Grenelle » de mai 68 qui avaient abouti à une sorte de révolution sociale avec notamment une augmentation du salaire minimum de 25 % ! Quel bel exemple !
Sauf que si on lit la notice jusqu’au bout, ces accords ont bien été signés, mais d’abord ils n’ont jamais été approuvés par les salariés et ensuite, ils n’ont jamais été appliqués.
Alors vu comme ça, je me demande s’il est très astucieux d’avoir baptisé le débat sur l’environnement « Grenelle »…
On va d’ailleurs pouvoir le vérifier rapidement, puisqu’une des (rares ?) mesures concrètes sorties de ces mois de « Grenelle » est l’instauration d’une « taxe carbone ». Or le chemin qui mène à l’enfer étant souvent pavée de bonnes intentions, la taxe carbone est une mesure dont, sur le papier recyclé, le principe est clair comme de l’eau de roche non polluée, mais dont la mise en place est une vraie usine à gaz…
Il faudrait peut-être organiser un « Grenelle des Grenelles » afin de savoir s’il n’est pas urgent de ne plus appeler « Grenelle » toutes ces discussions aboutissant à des accords jamais appliqués…
Ouf, on est rassurés ! Le voilà sauvé. Non pas l’ours polaire dont la banquise continue à fondre mais le PS (cela signifie Parti socialiste pour ceux qui n’étaient pas nés avant le congrès d’Epinay).
Car, roulement de tambours, le PS se donne six mois pour se «refonder» ( à ne pas confondre avec “fondre“, c’est ce que fait la banquise ) avec un « comité des sages » ( et quand on voit la liste des sages pressentis, on se dit que dans la vie il ne faut jamais désespérer) et, re-roulement de tambours (sénégalais), la nomination de Ségolène Royal à l’International.
Dans l’Union soviétique de Staline, il y avait la Sibérie, alors Vice-Présidente de l’Internationale socialiste, c’est plus soft. Dommage qu’il n’y ait pas eu un poste de libre à Oulan Bator, Mongolie extérieure. Je plaisante, parce que l’International c’est bien. Tout ceux qui dans leurs entreprises ont eu une carrière à l’international vous diront à quel point en France on valorise une expérience à l’étranger et à quel point le retour au siège est facile. Non, là je plaisante toujours puisque malheureusement c’est tout le contraire.
Il reste que Vice-présidente de l’International Socialiste ou bien ambassadrice du PS, cela permettra à Ségolène Royal d’aller revoir Zapatero le magnifique.
Les socialistes boudent un peu le jeune ( il est né en 1960 !) Président du gouvernement espagnol depuis que le « modèle espagnol » est en pleine débâcle ( on en est à près de 18 % ? 20 % de taux de chômage ?), alors qu’il y a deux ans, c’était le modèle de socialisme moderne. Entretemps, Zapatero a supprimé l’impôt sur les grandes fortunes, la publicité à la télévision publique auquel il a imposé une cure de réduction d’effectifs avec 3000 licenciements… Des mesures que les socialistes pourront peut-être adapter à la France. Non là , je plaisante toujours, c’est déjà en cours, mais c’est Nicolas Sarkozy qui l’a fait. C’est terrible aujourd’hui, on ne reconnaît plus sa droite de sa gauche. Un truc à perdre le Nord, où je vous le rappelle, la banquise est en train de fondre.
Mais revenons à l’international: Les voyages, c’est bien connu, forment la jeunesse.
Et là , re-roulement tambour, c’est l’autre idée géniale pour sauver le PS : L’entrée de « jeunes » à sa direction. Par «jeunes » entendez « quadras », il ne faudrait quand même pas pousser.
C’est évidemment la solution miracle, on s’étonne même qu’ils n’y aient pas pensé avant. Le succès des verts montre la voie: Les jeunes au pouvoir.
En y regardant de plus près, s’agit-il d’une affaire de date de naissance ? Parce que sauf erreur, Daniel Cohn-Bendit est plus « vieux » que Nicolas Sarkozy, ou que Martine Aubry. 1945 pour Dany, 1950 pour Martine, 1955 pour Nicolas…
Alors pourquoi fait-il plus « jeune » ? Pourquoi attire-t-il les « jeunes » ?
Ce n’est pas parce qu’il ne met pas de cravate, tous l’ont enlevée.
C’est peut-être tout simplement parce que Dany cause comme tout le monde, et en cela il est peut-être plus proche de Nicolas Sarkozy que de Martine Aubry.
Peut-être aussi que lorsque Dany parle de l’Europe, on y croit.
Peut-être encore parce que faire du jeunisme d’extrait de naissance dans une société où les plus de cinquante ans vont bientôt être plus nombreux que les moins de cinquante ans, ça date. Et la vraie jeunesse, n’est-ce pas, c’est dans la tête.
Prenez Jacqueline de Romilly, celle qui vous explique l’Ilyade et l’Odyssée comme s’il s’agissait de « Bienvenue chez les Ch’tis », celle qui en deux phrases vous rend les grecs anciens aussi proches que votre voisin de palier, qui vous fait comprendre en quoi en matière de démocratie, de réflexion sur la violence dans nos sociétés, la place des jeunes, les grecs avaient déjà tout écrit, eh ! bien Jacqueline de Romilly , plus « jeune » que le premier rappeur venu auquel on tend un micro ou une webcam pour qu’il donne son opinion sur la « crise des banlieues», a fêté ses 96 printemps !
Et puis, prenez l’écologie, qui est si « jeune ».
On ne s’en souvient plus, mais, merci internet, il suffit de taper un nom et on redécouvre une vie, une œuvre.
Ecrivez “René Dumont” et vous découvrez qu’en 1974, ce jeune agronome de 70 ans fût le premier candidat écologiste et créa l’évènement. A l’époque où des dictateurs comme Omar Bongo prenaient le pouvoir avec la bénédiction de Paris, René Dumont écrivait « L’Afrique noire est mal partie » ou « l’Afrique étranglée ». Il fût un des premiers à militer sur des thèmes comme « la croissance n’est qu’un mythe, le marché n’est pas tout, le gaspillage d’une planète dont les ressources ne sont pas inépuisables doit cesser ».
C’est fou : 1974 … et on a l’impression que c’est lui qui a écrit les textes des films de Nicolas Hulot ou de « Home » de Yann Arthus-Bertrand, qui a fait perdre le PS et le Modem. Non, là je plaisante encore.
Décidément, comme l’écrivait Jean Cocteau: « On peut mourir jeune comme on peut naître vieux »
Et c’est peut-être ça notre problème… Vieux avant l’âge !
Ouf, on est rassurés ! Le voilà sauvé. Non pas l’ours polaire dont la banquise continue à fondre mais le PS (cela signifie Parti socialiste pour ceux qui n’étaient pas nés avant le congrès d’Epinay).
Car, roulement de tambours, le PS se donne six mois pour se «refonder» ( à ne pas confondre avec “fondre“, c’est ce que fait la banquise ) avec un « comité des sages » ( et quand on voit la liste des sages pressentis, on se dit que dans la vie il ne faut jamais désespérer) et, re-roulement de tambours (sénégalais), la nomination de Ségolène Royal à l’International.
Dans l’Union soviétique de Staline, il y avait la Sibérie, alors Vice-Présidente de l’Internationale socialiste, c’est plus soft. Dommage qu’il n’y ait pas eu un poste de libre à Oulan Bator, Mongolie extérieure. Je plaisante, parce que l’International c’est bien. Tout ceux qui dans leurs entreprises ont eu une carrière à l’international vous diront à quel point en France on valorise une expérience à l’étranger et à quel point le retour au siège est facile. Non, là je plaisante toujours puisque malheureusement c’est tout le contraire.
Il reste que Vice-présidente de l’International Socialiste ou bien ambassadrice du PS, cela permettra à Ségolène Royal d’aller revoir Zapatero le magnifique.
Les socialistes boudent un peu le jeune ( il est né en 1960 !) Président du gouvernement espagnol depuis que le « modèle espagnol » est en pleine débâcle ( on en est à près de 18 % ? 20 % de taux de chômage ?), alors qu’il y a deux ans, c’était le modèle de socialisme moderne. Entretemps, Zapatero a supprimé l’impôt sur les grandes fortunes, la publicité à la télévision publique auquel il a imposé une cure de réduction d’effectifs avec 3000 licenciements… Des mesures que les socialistes pourront peut-être adapter à la France. Non là , je plaisante toujours, c’est déjà en cours, mais c’est Nicolas Sarkozy qui l’a fait. C’est terrible aujourd’hui, on ne reconnaît plus sa droite de sa gauche. Un truc à perdre le Nord, où je vous le rappelle, la banquise est en train de fondre.
Mais revenons à l’international: Les voyages, c’est bien connu, forment la jeunesse.
Et là , re-roulement tambour, c’est l’autre idée géniale pour sauver le PS : L’entrée de « jeunes » à sa direction. Par «jeunes » entendez « quadras », il ne faudrait quand même pas pousser.
C’est évidemment la solution miracle, on s’étonne même qu’ils n’y aient pas pensé avant. Le succès des verts montre la voie: Les jeunes au pouvoir.
En y regardant de plus près, s’agit-il d’une affaire de date de naissance ? Parce que sauf erreur, Daniel Cohn-Bendit est plus « vieux » que Nicolas Sarkozy, ou que Martine Aubry. 1945 pour Dany, 1950 pour Martine, 1955 pour Nicolas…
Alors pourquoi fait-il plus « jeune » ? Pourquoi attire-t-il les « jeunes » ?
Ce n’est pas parce qu’il ne met pas de cravate, tous l’ont enlevée.
C’est peut-être tout simplement parce que Dany cause comme tout le monde, et en cela il est peut-être plus proche de Nicolas Sarkozy que de Martine Aubry.
Peut-être aussi que lorsque Dany parle de l’Europe, on y croit.
Peut-être encore parce que faire du jeunisme d’extrait de naissance dans une société où les plus de cinquante ans vont bientôt être plus nombreux que les moins de cinquante ans, ça date. Et la vraie jeunesse, n’est-ce pas, c’est dans la tête.
Prenez Jacqueline de Romilly, celle qui vous explique l’Ilyade et l’Odyssée comme s’il s’agissait de « Bienvenue chez les Ch’tis », celle qui en deux phrases vous rend les grecs anciens aussi proches que votre voisin de palier, qui vous fait comprendre en quoi en matière de démocratie, de réflexion sur la violence dans nos sociétés, la place des jeunes, les grecs avaient déjà tout écrit, eh ! bien Jacqueline de Romilly , plus « jeune » que le premier rappeur venu auquel on tend un micro ou une webcam pour qu’il donne son opinion sur la « crise des banlieues», a fêté ses 96 printemps !
Et puis, prenez l’écologie, qui est si « jeune ».
On ne s’en souvient plus, mais, merci internet, il suffit de taper un nom et on redécouvre une vie, une œuvre.
Ecrivez “René Dumont” et vous découvrez qu’en 1974, ce jeune agronome de 70 ans fût le premier candidat écologiste et créa l’évènement. A l’époque où des dictateurs comme Omar Bongo prenaient le pouvoir avec la bénédiction de Paris, René Dumont écrivait « L’Afrique noire est mal partie » ou « l’Afrique étranglée ». Il fût un des premiers à militer sur des thèmes comme « la croissance n’est qu’un mythe, le marché n’est pas tout, le gaspillage d’une planète dont les ressources ne sont pas inépuisables doit cesser ».
C’est fou : 1974 … et on a l’impression que c’est lui qui a écrit les textes des films de Nicolas Hulot ou de « Home » de Yann Arthus-Bertrand, qui a fait perdre le PS et le Modem. Non, là je plaisante encore.
Décidément, comme l’écrivait Jean Cocteau: « On peut mourir jeune comme on peut naître vieux »
Et c’est peut-être ça notre problème… Vieux avant l’âge !
C’est la chronique d’une mort annoncée. Non pas celle d’Omar Bongo, mais celle de la fameuse «Françafrique »
On savait que le dictateur gabonais était atteint d’un cancer. Quant à son régime: Le « bilan » de ses 41 ans de pouvoir a déjà été fait et il est tragique: Le Gabon compte moins d’un million d’habitants, il a les ressources et les recettes pétrolières d’un émirat, mais ses habitants n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, non pas leur Président défunt mais surtout leur misère, une des plus grandes d’Afrique, leur analphabétisme, leur mortalité infantile.
La mort annoncée, c’est donc surtout celle de la « Françafrique », que l’on ressort dans ce genre de circonstances, notamment pour ironiser sur les condoléances officielles de la France où il est dit qu’« on est ému », que « la France a perdu un ami »… Il fallait faire quoi ? Sarko et Kouchner devaient-ils prendre des accents à la Eva Joly ?
Et ressortent également les « révélations » sur le financement de tel parti politique ou de telle campagne électorale. Et quand en plus ces “révélations” émanent d’un ancien Président de la République, qui avait été accusé, à tort bien sûr, d’avoir croqué du diamant de Centrafrique, on a envie de se pincer!!!
Car il faut être clair: Tout le monde s’est sucré, non seulement au Gabon mais dans toute l’Afrique. Les grandes sociétés, oui, mais également tous ces « expats », ces « conseillers » payés dix fois plus qu’en France, ces enseignants aux conditions de vie d’ambassadeur, ces « cadres » qui auraient fait des carrières minables en France et qui grâce au fric qu’ils se faisaient là-bas se finançaient leurs maisons pour leurs retraites en Corse ou en Bretagne, ces maisons d’édition qui ont publié des livres, des BD à la gloire des dirigeants corrompus, ces journalistes qui ont écrit des « publireportages », ces cabinets immobiliers qui ont vendu maisons et appartements.
Nous sommes tous complices, alors à qui doit-on commencer à couper la tête ?
D’autant que, comme d’hab, nous sommes en retard de plusieurs batailles. Nous jouons aux chevaliers blancs alors qu’il n’y a plus de combattants, que la messe est dite et que le vin, en l’occurrence, le pétrole est déjà tiré et que cela fait au moins une décennie que la «Françafrique» a commencé à mourir.
La France en a fini avec une politique qui ne faisait que prolonger l’époque coloniale. Et ce n’est pas par générosité, par morale ou par amour profond de l’Afrique et de ses habitants. C’est par intérêt. Les intérêts de la France ne sont plus, ou tellement peu, en Afrique.
Sur le plan militaire, les dés sont également jetés avec la fermeture des bases en Afrique, l’ouverture d’une base à Abu Dhabi.
L’opération « Licorne » en Côte d’Ivoire dont le but était beaucoup plus d’éviter la guerre civile que de défendre des intérêts économiques français, aura été la dernière de ce genre, montrant qu’en Afrique la France n’avait que des coups à recevoir et en plus en se faisant cracher à la figure son passé colonial. Alors…
L’avenir de l’Afrique, sans la France et sans la « Françafrique » sera-t-il plus rose ?
A court terme, ce n’est pas sûr. Lorsque ce ne sont plus les français qui viennent faire de l’argent sur le dos de la misère, ce sont les américains, dont l’Ambassade flambant neuve en Côte d’Ivoire est deux fois plus grande que celle de la France, pétrole oblige ; Ce sont les chinois, les brésiliens; Ce sont toutes ces grandes compagnies qui préfèrent travailler « off-shore » plutôt que de s’impliquer dans les régimes des pays dont elles exploitent les richesses.
Sur le plan de la démocratie et des libertés, si les régimes parfois grotesques, souvent brutaux, toujours corrompus, s’effondrent les uns après les autres, à quoi cèdent-ils la place ? A pas grand-chose de mieux. Parce que les sociétés « civiles » ont été assommées par la pauvreté et le sous-développement. Parce que ces Etats n’ont que l’apparence d’Etat «à la française» (l’hymne national, le drapeau, le palais présidentiel etc…) mais ne sont en fait que l’expression de clans qui se partagent les recettes. Parce qu’il est facile de jeter de l’huile sur le feu pour attiser les «rébellions » entre clans, entre groupes armés, équipés et financés grâce à l’argent du pétrole, du bois, du diamant, du cuivre, du café. C’est ce qui se passe sans fin depuis son indépendance dans le plus grand et le plus riche des pays francophones, le Congo ex-belge, ex-Zaïre,
Le pire n’est cependant pas une fatalité. Quelques pays s’en sortent:
Comme le Sénégal qui est malheureusement un des pays les plus pauvres, qui a le moins de ressources naturelles et dont la situation économique s’est beaucoup dégradée. Paradoxalement, c’est peut-être ce qui explique qu’il soit le moins instable politiquement. Je suis pauvre, donc je n’intéresse personne et on me laisse tranquille ! Mais ce serait peut-être faire injure à l’intelligence des Sénégalais, y compris des plus modestes.
Comme au Ghana qui, après des années de dictatures, de coups d’état et de conflits, vit un formidable renouveau démocratique accompagnée d’une grande liberté de presse. Comme quoi on peut être pauvre et sous-développé et aspirer à la démocratie et la liberté !
Une fois la « Françafrique » liquidée, il faudra peut-être que la France songe à revenir en Afrique. A redéfinir ses relations, ensemble avec les autres européens, avec ce continent bientôt peuplé d’un milliard d’habitants auxquels nous attachent tant de liens, notamment ceux de la population et de l’immigration, et même, ceux de la culture et de l’histoire partagées.
C’est la chronique d’une mort annoncée. Non pas celle d’Omar Bongo, mais celle de la fameuse «Françafrique »
On savait que le dictateur gabonais était atteint d’un cancer. Quant à son régime: Le « bilan » de ses 41 ans de pouvoir a déjà été fait et il est tragique: Le Gabon compte moins d’un million d’habitants, il a les ressources et les recettes pétrolières d’un émirat, mais ses habitants n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, non pas leur Président défunt mais surtout leur misère, une des plus grandes d’Afrique, leur analphabétisme, leur mortalité infantile.
La mort annoncée, c’est donc surtout celle de la « Françafrique », que l’on ressort dans ce genre de circonstances, notamment pour ironiser sur les condoléances officielles de la France où il est dit qu’« on est ému », que « la France a perdu un ami »… Il fallait faire quoi ? Sarko et Kouchner devaient-ils prendre des accents à la Eva Joly ?
Et ressortent également les « révélations » sur le financement de tel parti politique ou de telle campagne électorale. Et quand en plus ces “révélations” émanent d’un ancien Président de la République, qui avait été accusé, à tort bien sûr, d’avoir croqué du diamant de Centrafrique, on a envie de se pincer!!!
Car il faut être clair: Tout le monde s’est sucré, non seulement au Gabon mais dans toute l’Afrique. Les grandes sociétés, oui, mais également tous ces « expats », ces « conseillers » payés dix fois plus qu’en France, ces enseignants aux conditions de vie d’ambassadeur, ces « cadres » qui auraient fait des carrières minables en France et qui grâce au fric qu’ils se faisaient là-bas se finançaient leurs maisons pour leurs retraites en Corse ou en Bretagne, ces maisons d’édition qui ont publié des livres, des BD à la gloire des dirigeants corrompus, ces journalistes qui ont écrit des « publireportages », ces cabinets immobiliers qui ont vendu maisons et appartements.
Nous sommes tous complices, alors à qui doit-on commencer à couper la tête ?
D’autant que, comme d’hab, nous sommes en retard de plusieurs batailles. Nous jouons aux chevaliers blancs alors qu’il n’y a plus de combattants, que la messe est dite et que le vin, en l’occurrence, le pétrole est déjà tiré et que cela fait au moins une décennie que la «Françafrique» a commencé à mourir.
La France en a fini avec une politique qui ne faisait que prolonger l’époque coloniale. Et ce n’est pas par générosité, par morale ou par amour profond de l’Afrique et de ses habitants. C’est par intérêt. Les intérêts de la France ne sont plus, ou tellement peu, en Afrique.
Sur le plan militaire, les dés sont également jetés avec la fermeture des bases en Afrique, l’ouverture d’une base à Abu Dhabi.
L’opération « Licorne » en Côte d’Ivoire dont le but était beaucoup plus d’éviter la guerre civile que de défendre des intérêts économiques français, aura été la dernière de ce genre, montrant qu’en Afrique la France n’avait que des coups à recevoir et en plus en se faisant cracher à la figure son passé colonial. Alors…
L’avenir de l’Afrique, sans la France et sans la « Françafrique » sera-t-il plus rose ?
A court terme, ce n’est pas sûr. Lorsque ce ne sont plus les français qui viennent faire de l’argent sur le dos de la misère, ce sont les américains, dont l’Ambassade flambant neuve en Côte d’Ivoire est deux fois plus grande que celle de la France, pétrole oblige ; Ce sont les chinois, les brésiliens; Ce sont toutes ces grandes compagnies qui préfèrent travailler « off-shore » plutôt que de s’impliquer dans les régimes des pays dont elles exploitent les richesses.
Sur le plan de la démocratie et des libertés, si les régimes parfois grotesques, souvent brutaux, toujours corrompus, s’effondrent les uns après les autres, à quoi cèdent-ils la place ? A pas grand-chose de mieux. Parce que les sociétés « civiles » ont été assommées par la pauvreté et le sous-développement. Parce que ces Etats n’ont que l’apparence d’Etat «à la française» (l’hymne national, le drapeau, le palais présidentiel etc…) mais ne sont en fait que l’expression de clans qui se partagent les recettes. Parce qu’il est facile de jeter de l’huile sur le feu pour attiser les «rébellions » entre clans, entre groupes armés, équipés et financés grâce à l’argent du pétrole, du bois, du diamant, du cuivre, du café. C’est ce qui se passe sans fin depuis son indépendance dans le plus grand et le plus riche des pays francophones, le Congo ex-belge, ex-Zaïre,
Le pire n’est cependant pas une fatalité. Quelques pays s’en sortent:
Comme le Sénégal qui est malheureusement un des pays les plus pauvres, qui a le moins de ressources naturelles et dont la situation économique s’est beaucoup dégradée. Paradoxalement, c’est peut-être ce qui explique qu’il soit le moins instable politiquement. Je suis pauvre, donc je n’intéresse personne et on me laisse tranquille ! Mais ce serait peut-être faire injure à l’intelligence des Sénégalais, y compris des plus modestes.
Comme au Ghana qui, après des années de dictatures, de coups d’état et de conflits, vit un formidable renouveau démocratique accompagnée d’une grande liberté de presse. Comme quoi on peut être pauvre et sous-développé et aspirer à la démocratie et la liberté !
Une fois la « Françafrique » liquidée, il faudra peut-être que la France songe à revenir en Afrique. A redéfinir ses relations, ensemble avec les autres européens, avec ce continent bientôt peuplé d’un milliard d’habitants auxquels nous attachent tant de liens, notamment ceux de la population et de l’immigration, et même, ceux de la culture et de l’histoire partagées.